Le libertinage, entre philosophie et plaisir de la chair

Le libertinage mêle philosophie et plaisir de la chair. Cette pratique aux allures scandaleuses s’affranchit du poids de la morale. Qu’est-ce qu’un·e libertin·e aujourd’hui ? Comment s’adonner au libertinage et comment la littérature a-t-elle influencé ce plaisir insoumis ? On vous éclaire sur cette tendance sexuelle éprise de liberté et de désirs ardents.

Le libertinage est une pratique qui interpelle. Sans complexe, elle vante les mérites de relations sexuelles non monogames. Comment le libertinage est-il apparu en France ? Jouit-il de la même réputation qu’à l’époque de son apparition ? Comment s’initier ? Zoom sur ces libertin·e·s qui se revendiquent libres penseur·euse·s et utopistes.

Naissance d’une philosophie libre

Le mot libertinage fait couler beaucoup d’encre, encore aujourd’hui. Que se cache-t-il derrière ce mot follement érotique ?

Libertinage : origine

Selon Le Larousse*, le mot « libertin » vient du latin « libertinus » qui signifie « affranchi ».

« Qui mène une vie dissolue, qui est de mœurs très libres. » La seconde interprétation s’intéresse à la naissance du mot : « Se disait au xviie s. de quelqu’un qui manifestait son indépendance d’esprit par rapport aux enseignements du christianisme, et qui refusait toute soumission à l’Église. (Les principaux représentant des libertins furent Gassendi, Théophile de Viau, Fontenelle.) »

Le mouvement libertin naît en Italie au XVIe siècle et défend une pensée : celle de s’affranchir de toute doctrine religieuse ou morale. Cette liberté de penser séduit la France aristocratique du XVIIIe siècle.

Un mouvement contestataire

Le/la libertin·e ne suit que son instinct afin d’atteindre l’extase des sens. Libéré·e du poids de la religion et de la morale, l’adepte du libertinage se plaît à enchaîner les conquêtes et à vivre au grand jour ses envies les plus brûlantes.

En effet, le siècle des Lumières met en avant l’amour licencieux qui se veut passionnel, charnel et sensuel. Les plaisirs de la chair s’assument et se consomment loin de la raison. Les corps se montrent, se touchent, se caressent et jouissent ensemble.

Le libertinage dans la littérature

Les livres sont les témoins et les gardiens des plus grandes aventures libertines. L’imagination prend part à une intrigue sulfureuse aux côtés du désir, de la passion et de l’initiation.

Dans son livre, Histoire de ma vie, Giacomo Casanova relate ses aventures avec 142 femmes et décrit le libertinage comme un style de vie. Pour lui, un·e libertin·e défend une liberté opprimée par la société, y compris celles des femmes.

Dom Juan de Molière montre un héros libre, fin séducteur et athée.

Les liaisons dangereuses, roman épistolaire écrit par Pierre Choderlos de Laclos, met l’accent sur le caractère militaire et stratégique dont le/la libertin·e peut user pour parvenir à ses fins.

Dans son article, Le libertinage existe-t-il au féminin ? Le cas Justine dans l’œuvre de Sade**, Stéphanie Genand nous expose cette théorie : « Si l’homme, chez Sade, est libertin, la femme ne naît pas libertine, elle le devient. Elle choisit, plus précisément, ce qui constitue moins pour elle une essence qu’un possible. »

Justement, de nos jours, comment devient-on-libertin·e ?

Qu’est-ce que le libertinage ?

La liberté est l’élément clé de la philosophie libertine, mais sexuellement, qu’en est-il ?

Jeux libertins

Le sexe libertin ne se pratique pas que d’une seule façon, il existe plusieurs nuances. À l’instar des polyamoureux·ses, les libertin·e·s ne sont pas adeptes de la monogamie jugée trop normée. Au contraire, ils/elles veulent expérimenter et multiplier les expériences et si possible avec des partenaires différents.

L’échangisme, pratique star du libertinage, offre la possibilité de s’échanger avec un autre couple. Mais les jeux libertins c’est aussi :

– le triolisme : le désir se vit à trois et se partage

– le candaulisme : le voyeurisme s’éveille en regardant son/sa partenaire faire l’amour avec quelqu’un d’autre

– le mélangisme : l’échangisme soft sans pénétration qui fait la part belle aux caresses, aux baisers, aux coups de langue exquis

– le côte-à-côtisme pour s’envoyer au 7e ciel aux côtés d’autres personnes, mais sans se toucher. Oh, qu’il est bon d’être vu et d’observer les autres !

Le libertinage peut aussi se parer de touches sadomasochistes, fétichistes ! Ce qui compte, c’est la liberté éprouvée au plus profond de son être.

Comment se lancer ?

Si le désir de s’adonner à cette pratique libérée est très présent, il ne faut pas hésiter à en parler avec son/sa partenaire si on est en couple.

Se fixer des règles et communiquer librement.

Seul·e, on fait le point sur ses envies et si le désir est toujours ardent, alors il faut suivre son instinct.

Le libertinage peut très bien se pratiquer à deux chez soi, mais il est possible de rencontrer d’autres couples ou partenaires dans des clubs libertins.

On peut également se connecter sur des sites de rencontre spécialisés.

Les sites de rencontre libertins

Des sites tels que NousLib permettent de faire des rencontres libertines de qualité et décomplexées. En effet, en amont, chacun·e renseigne ce qu’il/elle désire et ainsi il est plus simple de tomber sur les partenaires qui partagent la même vision de la sexualité. Idéal pour s’explorer intensément lors de soirées organisées par les membres, et ce dans le respect et la bienveillance.

Lire aussi l’article : Un plan à 3 inattendu

Une sexualité curieuse

Être libertin·e c’est avoir soif de découvrir ce qui nous fait vibrer, trembler, perdre pied.

Explorer sa sexualité

À travers le libertinage, c’est son propre désir que l’on trouve. Ces expériences ouvrent à une meilleure compréhension de ses fantasmes, mais aussi de son corps.

Apprendre des autres

Les rencontres libertines c’est aussi côtoyer d’autres corps, d’autres désirs, d’autres plaisirs. C’est s’enrichir des acquis d’autrui tout en expérimentant un champ des possibles terriblement excitant.

Libertinage : la liberté avant tout

Le libertinage c’est sortir des cases et réinventer sa propre sexualité. Insolent·e·s les libertin·e·s ? Oui peut-être, mais passionné·e·s avant tout. Ces amant·e·s sont en phase avec leurs valeurs et clament une sexualité émancipée et tolérante.

Être libertin·e, c’est revendiquer une liberté de penser loin de la morale et des normes sociétales. C’est s’affranchir des règles de la monogamie et oser accepter sa différence. Assumer son plaisir dans une philosophie qui célèbre la sexualité sous toutes ses formes.

Eva

Sources :

*Définition du mot libertin – Larousse

**Le libertinage existe-t-il au féminin ? Le cas Justine dans l’œuvre de Sade – Cairn.info

Photo : pexels

Libertinage : pratiques et conseils

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