L’exposition Pionnières au Musée du Luxembourg

Le Musée du Luxembourg accueille l’exposition Pionnières du 2 mars au 10 juillet 2022. L’occasion de plonger à « œil » perdu dans le Paris des Années folles.

Libres, indépendantes et audacieuses, ces artistes ont su réinventer l’art et le regard que l’on porte sur celui-ci. Prenez place pour une immersion poétique.

L’Exposition intitulée « Pionnières. Artistes d’un nouveau genre dans le Paris des années folles » bat actuellement son plein. Au travers d’œuvres d’art de 45 artistes, le droit des femmes, leurs combats et leurs plaisirs sont évoqués avec justesse.

Zoom sur ces amazones éprises de sentiments et d’affranchissement.

Ces artistes femmes, qui sont-elles ?

Comment des femmes ont-elles réussi à marquer de leur empreinte l’art moderne ?  Elles étaient déterminées, audacieuses, et surtout, elles étaient les premières.

Les Années folles

Avant toute chose, posons le décor.

Nous sommes à Paris dans les années 1920 et la 1re Guerre Mondiale vient de se terminer. Durant presque une décennie, les Français·e·s vont vivre une période de fête, de liberté retrouvée et de création exacerbée.

Les Années folles et l’art, c’est un coup de foudre, une évidence qui se mêle à l’excentricité. Tout devient possible. Le dadaïsme s’éteint au profit du surréalisme.

Naissance d’un mouvement

Alors que le bonheur semble se lire sur le visage de chacun·e, des femmes se sentent en décalage et veulent faire entendre leur voix.

En effet, pendant la guerre, elles ont remplacé les hommes, alors c’est tout naturellement qu’elles adoptent une nouvelle posture.

Dans le milieu artistique, les artistes féminines souhaitent s’émanciper et être reconnues à leur juste valeur, comme sur les sites de rencontre, elles prennent le pouvoir.

Au-delà de l’art, ces avant-gardistes veulent militer pour leur légitimité.

Le droit des femmes

Plus qu’un droit, une revendication.

Et si l’art pouvait servir de porte-parole et transformer les mœurs ?

Les femmes souhaitent jouir de plus d’émancipation, disposer de leur corps et de leurs envies comme elles l’entendent.

C’est ainsi qu’elles relèvent ce défi : occuper la scène et ainsi faire barrage aux discriminations en imposant une vision plus égalitaire.

Lire aussi l’article : La sexualité, ce n’est pas que la pénétration

L’exposition Pionnières

Un doux mélange d’avant-gardisme féminin et de créations extraordinaires.

Liberté créatrice

L’exposition met en avant ces femmes artistes trop méconnues qui par leur audace ont bravé les conventions et les interdits.

Dotées d’un esprit libre, ces pionnières ont transformé l’histoire de l’art en redéfinissant le rôle de la femme dans la société : un être à part aux multiples facettes et désirs.

La pluridisciplinarité de leur talent confère à ces créatrices, une aura singulière et militante.

L’art masculin revisité

Le regard masculin définit-il l’art ?  « Faux » s’exclament ces amoureuses inventives, comme le souligne le texte de l’exposition : « Dans ce contexte créatif, Juliette Roche conçoit un déjeuner sur l’herbe moderne et multiethnique, une relecture de La Danse de Matisse, dans lequel les trois femmes assises au centre du tableau représenteraient le dialogue entre couleurs de peau, et où les danseurs androgynes annihileraient toute différence entre les sexes, évoquant l’espoir de vivre ensemble et en paix. » *

Les barrières érigées par la société s’essoufflent grâce à cette prise de conscience.

S’affranchir des normes

Un autre combat est mené par ces femmes, celui de vivre loin des principes moraux.

S’épanouir ou non dans la maternité, suivre la mode ou pas, rester au foyer ou travailler.

Les œuvres parlent et posent cette subtile question : « Quelle est la place de la femme dans la société ? », mais également : « Quelle place souhaitent-elles occuper ? »

Et leur corps ? Loin des diktats, elles se réapproprient leur sexualité.

Révolution sexuelle

Les années 20 sont marquées par une diversité sexuelle sans pareille.

Artiste, lesbienne et troisième genre

Loin des tabous, les artistes féminines laissent s’exprimer leurs désirs profonds.

Être bisexuelle se clame et se réclame.

Les œuvres de l’artiste, Tamara de Lempicka, dévoilent des corps-à-corps féminins brûlants.

Les étiquettes tombent, la sexualité est assumée et un troisième genre émerge. Celui-ci devient un choix.

« Pendant ces Années folles se construit une réflexion complexe sur un “troisième genre ”, sur une éventuelle “neutralité ”, ainsi que sur la possibilité d’une transition d’un genre à l’autre »*

La sexualité de la femme vue par les femmes

Ces premières d’un nouveau genre dessinent, peignent, sculptent des nus insolents qui s’affirment loin de l’approbation d’un regard masculin tout-puissant.

Qui de mieux pour savoir, décrire, retranscrire ce que veulent les femmes que les femmes elles-mêmes ?

Quel héritage, ont-elles laissé ?

Ces artistes ont marqué toute une génération de femmes en démocratisant l’art et en le rendant plus accessible. Par leur travail, leur humilité et leur force, elles ont transformé le regard que l’on a sur l’art, mais aussi sur celui du rôle de la femme dans la société : droit des femmes, droit à disposer de leur corps, droit à s’aimer comme on le veut.

Pionnières, premières, ces artistes femmes ont su se réapproprier un médium laissé bien trop longtemps entre les mains des hommes.

Leur travail s’exhibe sous un prisme plus libre, plus diversifié, plus tolérant. Ces œuvres saisissantes de beauté vous attendent au Musée du Luxembourg.

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Eva

Source :

*Pionnières, artistes dans le Paris des années folles – Musée du Luxembourg

Photo : pexels

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